Afghanistan : ma vie de Bacha Posh


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Dans « Ma vie de Bacha Posh », roman pour ados, Nadia Hashimi partage avec le lecteur une coutume afghane : quand il n’y a pas de garçon dans une famille, une fille peut « se métamorphoser » en jeune homme pour le bien de tous !

vie-bacha-poshDans la famille d’Obayda, elles sont 4 filles… Le jour où leur père perd une jambe dans un attentat à deux pas de chez elle, la vie de la famille bascule dans la misère. Le père dépressif reste cloîtré. Pour attirer de nouveau la chance sur la famille (en ayant un garçon), la mère décide de travestir, Obayda, la plus jeune des 4 filles. La superstition veut que cela augmente les chances de voir naître ensuite un garçon dans la famille !

Obayda est bouleversée par le changement de vie : passer de la grande ville Kaboul à un petit village est déjà compliqué, mais quand on lui annonce qu’elle va désormais se travestir en garçon au quotidien, la voilà déboussolée ! Désormais on l’appellera Obayd, aura les cheveux courts et une tenue de garçon.

En se grimant en garçon, elle découvre la liberté… et y prend plaisir ! Finies les tâches domestiques, à elle le loisir de jouer dans la rue comme bon lui semble, d’avoir les meilleurs morceaux de viande à table, etc. Dans ce changement de vie, elle découvre la vie à l’école des garçons, et se fait un ami : Rahim, un autre Bacha Posh.

Mais avec l’arrivée de l’adolescence, les filles travesties doivent reprendre leur rôle de jeunes-filles. Quand son ami.e doit retourner « à sa vie d’avant », Obayda est révoltée et prend conscience de l’aspect éphémère de sa propre situation. Nadia Hashimi plonge ainsi le lecteur dans une schizophrénie incroyable : être obligé d’être un autre puis devoir retrouver sa propre identité !

Le roman dresse un portrait de la société afghane et des inégalités entre les filles et les garçons. Au delà, l’auteure dénonce de façon plus globale la dévalorisation des filles au quotidien, mais magnifie aussi la puissance de l’amour familial. Obayda va aider son père à se relever, et à reprendre sa vie en marche. Une très belle leçon de vie et de volonté.

Après la lecture, le souvenir d’Obayd et Rahim résonnera encore longtemps dans votre mémoire. Et si l’on aidait chaque enfant à révéler ses capacités et à suivre ses rêves ?

Dans la même veine, vous pouvez ensuite enchaîner par la lecture du roman « Wajda et le vélo vert » (Arabie Saoudite) :

Arabie saoudite : Wadjda et le vélo vert

ou avec « Nassim et Nassima » de Ingrid Thobois (Rue du Monde) :

Afghanistan : être enfant à Kaboul

Sandrine Damie

Ma vie de Bacha Posh
De Nadia Hashimi
Castelmore
10,90 euros

ISBN : 978 2 36231 322 6

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