Un livre dans ma valise Actu,Amérique du Nord et du Sud La littérature jeunesse au Brésil (2/2)

La littérature jeunesse au Brésil (2/2)


Brésil : street art

Dans le cadre du Salon du livre de Paris, le CNL a organisé une table-ronde sur la littérature jeunesse au Brésil. Je vous propose de retrouver sur mon blog les échanges sur les livres brésiliens pour enfants. Voici la 2e partie de la table-ronde.

Par rapport à vos stimulations d’écriture, comment écrivez-vous ? leur demande Nathalie Donikian.

Ana Machado : « je m’inspire de mon quotidien, de ce que j’observe autour de moi mais aussi de la mémoire, de ce que j’ai déjà vécu, observé et que je garde en moi. Il y a aussi l’imagination pure qui pourrait ouvrir le réel. »

Béatrice Tanaka : « pour moi, c’est l’envie de dire quelques chose mais très souvent ne pas savoir par où la prendre. Cela peut donner des livres pour grandes personnes mais aussi des livres pour la jeunesse. Je voudrais vous parler d’une auteur exceptionnelle. Il s’agit de Lygia Bojunga Nunes. Dans ses livres, les objets, les animaux, les gens font partie du même monde, un monde complet. Ce que j’aime dans les livres, et les contes en particulier, c’est ce monde où tout est vivant.

Livres pour enfants BrésilAgnès Desarthe : « savoir d’où part un livre ? Moi je ne décide pas, ce sont des histoires qui arrivent ! J’ai l’impression d’être une grande gare, dans une grande ville, et parfois il y a un train qui s’arrête au milieu de la gare, je crois que c’est l’histoire, et puis non, il repart. Et parfois il y a un train tout « pourri », et là je me dis que c’est peut être lui, il part – il revient… et là  je me dis que je tiens l’histoire. J’ai l’impression d’être spectatrice de mon propre travail. »

Qu’auriez-vous envie de dire, pour conclure, sur la diversité et la spécificité de la littérature jeunesse brésilienne ?

Ana Machado : en général, notre littérature pour enfants n’est pas très pédagogique : on n’est pas préoccupé à enseigner des attitudes, des comportements ou de donner des leçons aux enfants. On est plutôt dans le domaine de l’imagination. Ce qui passe comme message, comme sens plus profond, vient parce que l’auteur ou l’illustrateur a cette position dans la vie, mais ce n’est pas forcément intentionnel.Quand je vois les livres en France – si beaux, avec des textes admirables – je me dis que c’est différent de la littérature brésilienne : chez vous, le message est très transparent.

Angela Lago : « je trouve effectivement qu’au Brésil, on n’a pas une intention clairement pédagogique (bien que je n’intègre aucune notion péjorative au terme « pédagogique »). Comme lectrice, je recherche des livres qui me proposent ce dont j’ai besoin ! Même si l’auteur n’a pas l’intention de nous apprendre directement quelque chose, d’une façon ou d’une autre il nous transmet sa façon de voir le monde. »

Cette table-ronde m’a donné envie de creuser davantage la découverte des livres pour enfants au Brésil. Et vous ?

Sandrine Damie

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