Japon : le téléphone du vent


Ce que nous confions au vent de Laura Imai Messina - Editions 10/18

Le roman « Ce que nous confions au vent » de Laura Imai Messina rend hommage à un lieu singulier qui existe au Japon : « le téléphone du vent ». Chacun vient décrocher ce combiné pour parler à un défunt, ses paroles lui parvenant par la force du vent…

Le roman « Ce que nous confions au vent » est certes une fiction mais son histoire se construit autour d’un lieu devenu symbolique dans le nord du Japon : le jardin qui abrite « le téléphone du vent », en hauteur, face à la mer. « Le téléphone du vent » est né d’une initiative personnelle : à la suite du décès d’un de ces proches, Itaru Sasaki, un retraité décide d’installer dans son jardin, sur les hauteurs d’Otsushi avec vue sur la mer, une veille cabine de téléphone avec un combiné inactif. Son idée ? Poursuivre le dialogue avec son cousin défunt.

Après le tsunami de mars 2011 dans le nord du Japon, cette cabine est investie par la population donnant l’opportunité à qui le veut de venir parler à un proche décédé. En 2011, 10 % de la population d’Otsushi ont été engloutis par les eaux, et la moitié de la ville a été rasée. C’est le lieu qu’a choisi l’auteur pour nous conter l’histoire de deux cœurs brisés qui vont petit à petit avancer dans leurs deuils, grâce à cette cabine.

Takeshi, chirurgien et père d’une petite fille est veuf suite à la mort de sa femme d’un cancer. Yui, journaliste radio a perdu sa fille et sa mère lors du tsunami. Lui est déjà habitué des lieux quand il rencontre Yui. Elle va prendre le temps de nombreuses visites avant d’oser soulever le combiné et parler. Puis, un rituel s’installe. Ils se retrouvent pour effectuer leurs appels avant d’échanger avec le gardien du jardin et sa femme.

Au fil des pages, le lecteur découvre leurs vie d’avant, leurs sentiments actuels, les joies simples du passé, les rencontres d’autres cabossés de la vie. Chacun s’empare de ce téléphone du vent à sa manière. Certains donnent des nouvelles de la famille, d’autres posent des questions ou partagent leur colère, leur tristesse, etc.

Le récit est touchant et interroge chaque lecteur sur sa façon d’aborder la vie et la mort. Le propos est intime, dans la retenue. C’est un livre de confidences où les émotions à fleur de peau se devinent plus qu’elles ne s’expriment au grand jour.

Le roman éclaire aussi sur différentes traditions japonaises en lien avec le deuil et la mémoire des ancêtres.

Ce que nous confions au vent : résumé de l’éditeur

« Sur les pentes abruptes du mont Kujira-yama, au milieu d’un immense jardin, se dresse une cabine téléphonique : le Téléphone du vent. Chaque année, des milliers de personnes décrochent le combiné pour confier au vent des messages à destination de leurs proches disparus.
En perdant sa mère et sa fille, emportées par le tsunami de 2011, Yui a perdu le sens de sa vie. C’est pour leur exprimer sa peine qu’elle se rend au mont Kujira-yama, où elle rencontre Takeshi, qui élève seul sa petite fille.
Mais une fois sur place, Yui ne trouve plus ses mots… »

Cette lecture m’a bouleversée par sa poésie, sa douceur et sa façon d’avancer malgré l’absence d’êtres chers.
Un coup de coeur pour moi !
Sandrine Damie

PS : cette cabine téléphonique n’est pas un lieu touristique mais c’est un lieu de recueillement ouvert à tous.

Ce que nous confions au vent
De Laura Imai Messina
10/18
8,30 euros
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