Mongolie : à cheval dans la steppe


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Michel Cosem vous invite au coeur de la course du Naadam qui voit s’affronter chaque année des enfants de moins de 10 ans sur un jeune cheval en Mongolie.

Dans « A cheval dans la steppe », Michel Cosem partage avec le jeune lecteur quelques-unes des traditions mongoles en s’appuyant sur l’un des temps forts de l’année : le Naadam. Chaque 11 juillet, des enfants de moins de 10 ans représentent leur clan pour savoir qui est le meilleur cavalier. A la clé : un honneur, mais aussi l’assurance de vendre à bon prix les chevaux ou poulains de la famille.

Extrait :

« Chaque geste était emprunt de sérieux et de solennité. Tous savaient l’importance d’une victoire : l’étalon vainqueur serait considéré comme le meilleur cheval de la région, et on le demanderait partout comme reproducteur. Si une jument gagnait, elle serait elle aussi très admirée et son poulain se vendrait l’année suivante à prix d’or. »

a-cheval-steppe-CosemC’est tout en nuance que l’auteur dresse le portrait d’une Mongolie en plein changement, loin d’un tableau idyllique du peuple vivant dans les steppes en parfaite harmonie avec la nature. Au cour de l’histoire, on fait la connaissance de clans encore fortement tournés vers la nature, et de ceux qui se sont tournés vers la modernité mais reviennent à leurs racines le temps de cette course ancestrale.

Vous allez faire connaissance de Gerel, Eulsi, Tamsag, Oude, etc. Tous, garçons et filles mongoles aux tempéraments et aux vies si différentes. Le lecteur s’attache rapidement aux enfants qui vont se disputer la victoire. Et la course révèle les personnalités. A chevel, Gerel s’imagine soldat de Gengis Kahn, Eusli se sent légère comme un oiseau, Tamsag, le fougueux, cherche à se venger de son enfance malheureuse…

Au delà de la course du Naadam…

La fierté des parents, la difficulté de cette longue course, les réactions des enfants comme des chevaux… Chaque page est l’occasion de partager un moment de vie fort, une tranche de vie singulière. C’est aussi un très beau tableau des steppes mongoles, où le vent taquine les chevaux dans cette chevauchée qui perdure.

Extrait :

« C’est Eulsi qui prit la tête de la course improvisée tandis qu’au loin la steppe frémissait comme une échine de bête sauvage et que les nuages blancs occultaient les montagnes. La jeune fille prit de l’avance. Elle chanta librement la romance qu’elle aimait. »

L’auteur a fait le choix de prolonger le récit bien au delà de la course du Naadam. Cela donne de l’épaisseur à l’histoire, et permet de suivre les enfants jusqu’à leur entrée dans la vie adulte.

Un roman court, intense et éclairant sur le fait de concilier (ou non) traditions et vie moderne en Mongolie.

Sandrine Damie

A cheval dans la steppe
De Michel Cosem
Syros Jeunesse
5,90 euros

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