Danxomè : guerre coloniale au Dahomey


Danxomè de Yann Fastier - roman historique

« Danxomè » est un roman historique sur une partie de l’Histoire du Bénin à la fin du 19e siècle. Yann Fastier offre ici un double regard sur cette période coloniale : celui d’un jeune infirmier enrôlé de force par son père, et celui d’une jeune fille enlevée à sa famille pour devenir une guerrière au service du roi.


Dans ce roman « Danxomè » de Yann Fastier, vous allez être propulsé au milieu d’un champ de bataille en 1892. Les soldats français sont venus « remettre de l’ordre » dans ce royaume du Dahomey qui souhaite sortir du joug étranger. Et pour y faire face, le roi Béhanzin sait qu’il peut compter sur son armée de guerrières.

  • D’un côté, Alex, infirmier français enrôlé de force par son père médecin militaire en chef, autoritaire, raciste et inhumain,
  • De l’autre, Agosi, jeune fille arrachée à sa famille dans un village du Dahomey pour venir gonfler les rangs des guerrières sanguinaires.

Les chapitres s’enchaînent en alternant le point de vue de chaque camp pour nous parler de cette campagne militaire au cœur du Dahomey. Ce récit s’appuie sur un épisode réel de la guerre coloniale menée par les Français en Afrique. Ici, il est question de sang versé, de combats acharnés, de l’ennemi à abattre, de la haine de l’autre. Dans ce néant, deux êtres se distinguent. On les suit dans leur envie d’émancipation, envers et contre tout, au milieu du chaos. Le combat les fait se rencontrer. Une étincelle d’humanité jaillit de part et d’autre, et les voilà qui s’ouvrent à la vie.

L’auteur dresse deux magnifiques portraits, tout en nuances, en proie aux doutes, aux regrets, et avec l’espoir de vivre la vie dont ils rêvent malgré la violence subie et infligée aux autres aussi.

Présentation du roman par Talents Hauts, sa maison d’édition

Danxomè de Yann Fastier - roman historique

« 1892, Danxomè. Afin d’asseoir son influence face à l’Allemagne qui arme le roi du Danxomè, la France envoie des troupes dans ce royaume indépendant qui deviendra la colonie du Dahomey puis le Bénin. Le médecin du corps expéditionnaire a embarqué son propre fils, Alex, dans l’idée de « faire de lui un homme ». L’armée du roi du Danxomè est connue et redoutée pour ses fameuses guerrières au courage sans égal, appelées « les amazones du roi » par les Européens.

Au cours d’un affrontement, Alex, pris de panique, s’enfuit. Sa course se termine au fond d’un trou de plusieurs mètres de profondeur, où est aussi tombée une jeune guerrière ennemie. Blessée, Agosì laisse Alex soigner sa jambe, avant de l’aider à sortir de leur prison puis de disparaître dans la forêt tandis qu’Alex retrouve le camp. »

Ce que j’ai aimé dans le roman Danxomè

Très bien documenté, ce roman met en lumière un épisode de l’Histoire du Bénin dont j’ignorais complètement l’existence. Ces guerrières cruelles et sans pitié ont bien existé. Volontaires au combat ou enlevées dans leurs familles, les jeunes filles nubiles apprennent toutes les techniques de combat, et vivent toutes ensemble. Selon le bon vouloir de leur roi, elles peuvent aussi devenir l’une de ses nombreuses compagnes. Elles doivent renoncer à tout pour être au service du roi, et devenir des guerrières impitoyables qui coupent la tête de leurs ennemis. En suivant le parcours singulier de l’une d’elles, l’auteur nous fait vivre au milieu de ces femmes.

Il est question de famille, de courage, d’amitié, d’amour, d’obéissance. Au-delà de la férocité, on devine des destins forcés, et un conditionnement au quotidien qui rend quasi impossible toute envie d’indépendance. Agosi est l’exception qui confirme la règle. Elle est le restant d’humanité qui se débat sous cet amas de violence. Elle sera une femme libre, mais à quel prix !

En face des « Amazones » africaines, les troupes françaises arrivent en terrain conquis, mais vont vite déchanter. Ce qui devait être un simple rappel à l’ordre devient un fiasco avec des pertes humaines terribles des deux côtés. Au milieu de ce champ de bataille, Alex, improvisé infirmier sous la pression de son père va se libérer aussi du poids familial et s’affirmer comme une âme sensible et fidèle à ses engagements : sauver des vies.

Les chemins de ces deux jeunes vont se croiser, et l’envie de vivre comme bon leur semble va prendre le dessus.

Les chapitres alternent le récit d’Alex et d’Agosi. Alex s’exprime à la première personne, comme dans un journal intime ou comme s’il s’adressait à un ami lointain. La voix d’Agosi est portée par un narrateur qui s’adresse à la jeune fille (« tu… ») ajoutant une prise de distance vis-à-vis du vécu de la jeune fille. Cette double voix est bienvenue, et apporte toute la nuance attendue dans un récit de confrontation de points de vue.

« Danxomè » montre, s’il en était encore nécessaire, l’absurdité d’une guerre coloniale. Et c’est avec tristesse que j’ai quitté Alex et Agosi, êtres de lumière à la jeunesse sacrifiée par des enjeux qui les dépassaient totalement.

Interview de Yann Fastier sur l’écriture de son roman Danxomè

Dois-je encore vous préciser que ce roman est un coup de coeur ?
Bonne lecture !
Sandrine Damie

Danxomè
De Yann Fastier
Editions Talents Hauts
16 euros

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