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Participez au projet « Cram Cram à l’école » !

Patrick Flouriot, l’un des créateurs de Cram Cram Magazine a eu la gentillesse de répondre à mes questions sur le projet qu’il vient de lancer pour financer la diffusion de Cram Cram à l’école. Un beau projet à soutenir !

cram cram, magazine pour petits voyageurs : NépalPouvez-vous nous rappeler comment Cram Cram a vu le jour ?
Cram Cram a vu le jour en Afrique ! Nous voyagions avec nos enfants dans le Sahara et alentours. A l’époque nous avons croisé un couple qui voyageait en 2 CV et qui éditait une petite feuille d’information sur leur voyage. Nous, on était des spécialistes du magazine. On s’est dit : « et pourquoi pas un magazine qui parle voyage aux enfants ? » C’est l’origine du nom de Cram Cram, le cram cram étant une petite herbacée très piquante qu’on trouve partout dans le désert, et qui s’attache aux pas des voyageurs.

Quelle est la ligne éditoriale de votre magazine ?
Notre ligne éditoriale, c’est la découverte de l’autre. Les enfants devraient apprendre à se connaître au-delà des frontières ; ils devraient apprendre à partager leurs valeurs, avec conviction, avec plaisir et sans nier les valeurs des autres. Donner aux enfants l’envie de voyager, mais surtout de rencontrer et d’apprécier des gens différents :c’est un enrichissement mutuel, et je pense qu’il n’y a guère que comme cela qu’on peut lutter contre l’incompréhension et le fanatisme.

Dans chaque numéro, les jeunes lecteurs suivent donc les pas d’une famille globe-trotteuse : ils voient ainsi des enfants qui leur ressemblent voyager, partir à l’aventure, et parfois dans des contrées improbables ! Nous mettons en scène, dans nos pages, la rencontre d’enfants voyageurs avec les enfants du pays traversé. En espérant donner ce goût d’aventure et de rencontre aux jeunes lecteurs.

Aujourd’hui combien de n° compte le magazine ? Des exemples de destinations couvertes ?
Nous venons de sortir la 30e édition, avec l’aide d’autant de familles voyageuses ! Cram Cram s’est promené au Chili, au Niger ou en Suisse, du Rajasthan à Madagascar. On a parfois trainé nos guêtres dans des endroits rares : mention spéciale pour le numéro chez les Papous, ou encore pour le numéro réalisé aux îles Chagos, avec une famille qui a vécu en Robinson Crusoé, dans ces îles de l’océan Indien, pendant 6 mois. Nous avons aussi réalisé plusieurs numéros en France, avec par exemple un numéro avec les enfants de feu le cirque des Arrosés, à Angoulême.

Vous avez opté pour un modèle économique sans pub. Vous êtes les seuls dans la presse jeunesse en France. Pourquoi ce choix et comment arrivez-vous à atteindre un équilibre financier ?
Il y a aussi l’excellent magazine suisse la Salamandre et deux ou trois autres magazines, qui fonctionnent sans pub. Mais oui, nous sommes peu nombreux dans ce cas. Les enfants n’échappent pas à la pression du marketing ; les jeunes sont considérés comme des prescripteurs d’achats… et les journaux jeunesse comme d’excellents supports pédagogiques (ce qu’ils sont, pour nombre d’entre eux). Le lien est vite fait, pour un pro de la vente, si on ne se pose pas une règle éthique d’entrée de jeu. Et c’est un choix économique tout à fait envisageable : la presse mainstream ne choisit pas de publier de la publicité parce que c’est nécessaire, mais parce que la pub permet de gagner plus d’argent, dans une société où « faire plus d’argent » est considéré comme une nécessité économique, voire une condition de survie en milieu concurrentiel.

Mais il y a quelques journaux qui prouvent tous les jours qu’on peut choisir de placer son éthique avant son portefeuille, sans pour autant être à la rue. Nous, on a d’abord créé Cram Cram en tant que parents. On a vu comment des journaux comme  Sciences et Vie Junior, Images Doc, Mon Quotidien, L’Actu ou les Clés de l’Actualité Junior – d’excellents journaux au demeurant- ont servi le couvert au marketing du nucléaire, ou de l’agroalimentaire. Ca nous a suffit pour ne pas avoir envie d’en faire autant. Et oui, on arrive à fonctionner.

Où peut-on acheter Cram Cram ? A l’unité / par abonnement ?
Cram Cram est vendu en abonnement sur le site www.cramcram.fr. Vous pouvez aussi le trouver dans un certain nombre de Biocoops. Et à partir du mois de mai, il sera présent dans une grosse majorité de magasins bio français, au sein d’un nouveau kiosque éco-citoyen, que nous montons avec une dizaine d’autres éditeurs indépendants et engagés dans une certaine vision de l’avenir.

Dans le cadre de la semaine de la presse, vous souhaitez lancer un nouveau projet autour de Cram Cram. Pouvez-vous nous présenter ce projet ?
Tous les ans, le ministère de la Culture organise une « Semaine de la Presse » à l’école. Les éditeurs qui le souhaitent proposent leur production : les professeurs et instituteurs font leur marché dans les propositions et reçoivent les journaux gratuitement en classe. Le ministère organise l’opération, et subventionne le transport du papier. L’éditeur, quant à lui, offre les magazines.

Cram Cram est très peu connu, et pourtant, on sait qu’il plait dans les écoles ! Mais nous n’avons pas les moyens suffisants pour nous faire connaître partout, notre échelle est trop petite. Alors, pour nous, cette opération est une réelle opportunité. C’est un assez gros surcoût pour Cram Cram, ce pourquoi nous faisons un appel à financement participatif.

Sur Ulule, vous lancez une souscription de 3 000 euros au total pour financer l’opération. Concrètement, comment une personne intéressée fait-elle pour verser l’argent désiré sur Ulule ?
Il suffit de s’inscrire sur Ulule ; ensuite, c’est comme un achat en ligne « tout bête », avec paiement sécurisé.

Si vous dépassez l’objectif fixé sur Ulule, quel pourrait être votre prochain développement ?
L’objectif fixé sur Ulule est en fait un petit peu en deçà du coût réel total de l’opération, donc si on dépasse l’objectif, ce ne sera pas grave (rires) ! Quant à notre prochain développement : nous travaillons maintenant avec une musicologue qui nous met nos grandes histoires illustrées en musique. Il faudrait que nous mettions son travail en accès à nos abonnés sur notre site… A suivre !

Propos recueillis par Sandrine Damie

Pour contribuer à la réussite de ce projet, rendez-vous sur : http://fr.ulule.com/magazine-jeunessealternatif/

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Sandrine

Sandrine

Glisser un livre dans ma valise, c’est avoir toujours un compagnon de route pour me guider, me distraire, m’informer, satisfaire ma curiosité… De cette envie d’avoir des guides de voyage et des romans liés à mes destinations de vacances/de voyages/de courtes escapades, en découle l’idée de partager avec mes enfants, cette découverte des Autres : autres paysages, autres cultures, autres modes de vie, autres climats, autres animaux, etc.
J’espère que mes chroniques vous donneront quelques envies de lectures pour vos enfants… et susciteront des échanges entre nous, pour discuter, commenter et ouvrir nos horizons de lecture. Et pour découvrir mes voyages, c'est sur mon 2e blog One Two Trips