Arménie : dans les yeux d’Anouch


Dans les yeux d'Anouk - Roland Godel - Gallimard Jeunesse

Pour éclairer les plus jeunes sur la déportation des Arméniens en 1915, Roland Godel livre ici le témoignage de sa grand-mère, romancé et documenté par d’autres publications sur la période. « Dans les yeux d’Anouch », un roman fort et instructif.

Dans les yeux d'Anouk - Roland Godel - Gallimard JeunesseIl est souvent difficile de se lancer dans la découverte d’une période sombre de l’Histoire. Dans son roman, Roland Godel a choisi de partir de la « petite histoire », celle vécue par sa grand-mère dans son exil forcé pour raconter la « Grande Histoire », celle de l’Arménie et du conflit avec l’Empire ottoman, qui débuta en 1915. Durant le génocide arménien, les 2/3 des Arméniens vivant sur le territoire turc sont morts (déportation, famine, exécution).

Dans le roman « Dans les yeux d’Anouch » de Roland Godel (Gallimard Jeunesse), Anouch est une toute jeune adolescente lorsqu’elle doit quitter son quartier, ses amies, son confort, avec sa famille. Sa vie bascule le 15 août 1915 quand la police apporte un ordre de déportation pour les siens. Les voilà sur les routes, d’abord avec des charrettes et des vivres, puis rapidement à pied, sans ressource, vivant de petits arrangements et grâce à quelques mains tendues… On suit la famille, les états d’âmes d’Anouch, les rencontres et les humiliations…. Peu à peu, le récit se densifie au rythme des horreurs à surmonter.

Mais ce récit, c’est aussi celui d’un amour fou, entre Anouch et un jeune garçon Dikran qu’elle rencontre au cours de sa déportation. Séparés après quelques mois d’intenses moments de partage (et d’un timide flirte), ils se promettent de se retrouver quoi qu’il arrive.

Pourquoi ce titre « dans les yeux d’Anouch » ?

Pour faire passer des images d’espoir ou de noirceur totale, l’auteur a choisi d’offrir à sa grand-mère, un sens peu commun : celui de lire dans le regard des autres leur avenir.

Après le roman, l’auteur propose plusieurs pages sur son travail d’écriture et nous éclaire sur la petite comme sur la grande Histoire.

Un roman qui touche en plein coeur que je conseille à partir du collège(*). Merci pour ce récit !

Sandrine Damie

(*) Le roman a reçu le Prix Gulli du roman (8/14 ans) en 2015.

Et pour découvrir l’Arménie, rendez-vous sur le blog One Two Trips proposant une chronique sur un voyage en Arménie à l’occasion de la fête nationale du 21 septembre.

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