Dans le roman « Le rêve d’un fou », Nadine Monfils rend hommage au facteur Cheval qui a construit le plus incroyable des cénotaphes : le « Palais idéal », en mémoire de sa fille morte à 15 ans.
Que raconte « Le rêve d’un fou ? »
« Quand le destin s’est acharné sur lui et qu’il a perdu sa fille alors qu’elle n’était encore qu’une adolescente pleine de rêves, Ferdinand Cheval, un facteur un peu fantasque, aurait pu sombrer dans la douleur et le désespoir. Il a choisi de se lancer un pari insensé : construire de ses propres mains, avec ses outils et sa brouette, son Palais Idéal, un monument baroque de plusieurs étages édifié comme un cadeau à son enfant partie trop tôt. Mais un beau jour, au cours d’une tournée, il fait une rencontre inattendue qui va donner un tout autre sens à son œuvre.
En s’inspirant librement de la vie du Facteur Cheval, Nadine Monfils nous offre un roman émouvant, un hymne à la liberté, la poésie, l’art et la foi en ce qui nous dépasse.«
Mon avis sur cette lecture : un hommage au facteur Cheval et à l’énergie créatrice
Le roman est touchant car l’autrice se met dans la peau du facteur Cheval pour nous faire part de sa démarche artistique mais aussi cathartique de cet homme simple. Bien évidemment, ce ne sont pas les mots de ce facteur-artiste (quoi que de nombreuses épitaphes qu’il a semées dans son palais sont rappelées régulièrement ici), mais l’autrice a su retranscrire ce qu’il a probablement ressenti tout au long des 33 années de création, dédiées à son unique œuvre monumentale : son « Palais idéal ».
Car ce chef d’œuvre est un cénotaphe. Il rappelle le trou abyssal laissé par la mort de sa fille (après celle de son premier fils). C’est sa réponse à l’absence, à la perte irrémédiable, au chagrin qu’il n’arrive pas à dire. Alors il accumule les cailloux, il s’inspire de journaux où il découvre d’autres cultures, et il construit, sans faiblir, pour elle.
À l’époque, vu de l’extérieur, son palais est incompris, moqué et lui est affublé du qualificatif de fou. Mais il a mieux à faire que de se préoccuper de l’avis des autres. Construire ce palais est sa mission de vie. Il l’achèvera en 1912 à l’âge de 77 ans.
L’année suivante, il débuta la construction d’un second monument au cimetière d’Hauterives : « Le Tombeau du silence et du repos sans fin« , pour qu’ils puissent enfin reposer avec sa fille (et son 2e fils, mort à l’âge adulte).
Le roman est doux, on se laisse porter par la mélancolie et les pensées du facteur Cheval. Sa tristesse se transforme en beauté une fois qu’il a une pierre dans ses mains. Il y a tant de phrases apaisantes dans ce livre que l’on pourrait facilement le classer dans les romans de développement personnel.
Seul bémol : le personnage fictif de Marthe et leurs échanges épistolaires ne m’ont pas convaincue, mais globalement, le roman est un bel hommage à Joseph Ferdinand Cheval.
Alors, si un jour, vous vous rendez dans ce lieu si singulier, ayez une pensée pour ce père malheureux qui a trouvé ce moyen d’expression pour tenir debout et conter à tous son amour paternel.
Évidemment, la lecture m’a donné envie de me documenter encore plus sur son parcours et de programmer une escapade à Hauterives dans la Drôme !
Sandrine Damie
Le rêve d’un fou
De Nadine Monfils
Nami Poche
7,90 €




