« La maison du Kintsugi » de Sanae Hoshio est une immersion dans l’art du kintsugi. Dans ce roman, il est question de réparation évidemment mais aussi de transmission, d’empathie, du temps qui passe et de nos choix de vie.
Mao est une lycéenne réservée qui ne sait pas quoi faire dans la vie. Elle aime passer du temps avec Chie, sa grand-mère, passée maître dans l’art du kintsugi, cette technique japonaise ancestrale qui répare les céramiques brisées en soulignant leurs fractures de poudre d’or.
En s’initiant à ce savoir-faire, Mao va peu à peu découvrir la vie secrète de Chie. C’est à pas feutrés qu’on apprend sa jeunesse dans le Japon de l’après-guerre, son désir d’exercer un art alors réservé aux hommes, et les renoncements qui en découlèrent.
De Tôkyô à Takayama, ce voyage partagé décline des thèmes universels : la transmission intergénérationnelle, la condition féminine, la résilience et la philosophie du wabi-sabi qui élève l’imperfection au rang de beauté.
Le rythme est lent, les rencontres sont toujours marquantes et le cheminement des deux femmes va les amener à se révéler à elles-mêmes. Elle explore l’art du kintsugi en nous offrant un éclairage de l’intérieur, façonnant autant les objets réparés que ceux qui en prennent soin ou qui les confient aux bons soins de Chie.
Une lecture tout en douceur.
Sandrine Damie
La maison du kintsugi
De Sanae Hoshio, traduit par Mathilde Tamae-Bouhon
Calmann-Lévy
18,90 euros, version numérique : 13,99 euros


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