Encore un roman américain me direz-vous ? Et vous avez raison ! Je poursuis ma découverte des États-Unis avec « Calamity club », roman fleuve de Kathryn Stockett qui nous plonge dans un coin perdu du Mississippi durant la Grande Dépression.

Après La couleur des sentiments, son premier roman qui avait fait un carton mondial (avec une adaptation au cinéma), Kathryn Stockett était plus qu’attendue : cela faisait 15 ans qu’elle n’avait pas sortie de livres. Alors « Calamity club » (et ses 650 pages !) est-il à la hauteur des espérances ? Je crois bien que oui ! Elle nous fait vivre aux côtés de femmes, aux profils vraiment différents qui ont un point commun : elles n’ont plus rien à perdre !
L’histoire se déroule dans le Mississippi en 1933, en plein cœur du comté de Lafayette. L’Amérique subit alors de plein fouet les ravages économiques de la Grande Dépression, tout en vivant les derniers instants de la Prohibition. C’est une société marquée par une profonde hypocrisie sociale et des règles morales très strictes pour les femmes.
L’histoire débute autour d’un orphelinat où Meg, bientôt 12 ans, est maltraitée par la directrice. Cette dernière est aussi en lice pour prendre la tête d’une ligue puritaine.. Au même moment, Birdie débarque dans le comté. Jeune, naïve, issue d’une famille que la crise a ruinée, elle cherche un refuge auprès de sa sœur Frances. Mais derrière les portes closes des belles demeures de la bourgeoisie locale, elle va vite réaliser que les apparences sont trompeuses. Et puis Charlie, la mère de Meg réapparait et n’aspire qu’à se venger.
Dans cette situation au bord de l’explosion, un déclic va se faire et la rébellion va s’organiser d’une façon inattendue : un groupe de femmes va s’unir autour de Birdie pour créer le « Calamity Club ». Mais hors de question pour moi de vous dévoiler ce qu’elle mette en place sinon cela retire tout le charme de l’histoire !
Mon coup de cœur va à Meg, incontestablement. Malgré les violences de l’orphelinat, elle conserve une innocence et une capacité d’émerveillement profondément touchantes. Sa posture d’optimiste pour survivre, mêlée à son besoin désespéré d’amour, en fait une fille que l’on a envie d’aimer et de protéger. Dès qu’elle était au centre de l’histoire, mon intérêt était ravivé.
Si j’ai trouvé un peu long le passage de l’ouverture du Calamity Club, j’ai globalement été prise dans le roman. Je m’interroge tout de même à la crédibilité qu’on peut accorder à cette sororité qui dépasse les classes pour l’époque. Cela reste néanmoins un très bon livre !
Bonne lecture,
Sandrine Damie
Calamity Club
de Kathryn Stockett
24,90 euros – numérique 16,99 euros
Éditions Robert Laffont



