« La Fille des embruns » de Marie-Haude Mériguet est un polar social à huis-clos. Lorsqu’un notable de ce petit coin de Bretagne est retrouvé mort, tous accusent la dernière arrivée : Ariane. Mais est-ce si simple que cela ?

C’est quoi l’intrigue de ce polar breton ?
Au début de l’été 1967, le notable d’un village du Finistère, Victor Morel-Labat, est retrouvé mort sur le chemin de la dune. Avant d’appeler la police, les habitants veulent éclaircir le drame. Tous les regards se tournent vers Ariane Garcini, une femme arrivée de la ville un an avant. Solitaire et mystérieuse, elle se promène souvent face à la mer, ce qui lui vaut le surnom de « la fille des embruns ».
Mais qui détient la vérité sur ce meurtre ?
Mon avis sur cette lecture
Le roman alterne le récit de ce drame avec des chapitres qui éclairent ce qui s’est passé les mois qui ont précédé.
Ariane débarque dans ce bourg breton à la suite de la mort de son conjoint qui en était originaire. Elle n’y a jamais mis les pieds, n’a aucun repère sur place ni ami, et pourtant elle souhaite s’y installer, car la maison familiale de son mari lui parle. Chaque pierre, chaque objet est une plongée dans cette famille qu’elle n’a pas connue. Par procuration, elle les imagine, les ressent et y trouve de l’apaisement. Mais, l’accueil au village est pourtant des plus hostiles : il n’y a pas de place pour une étrangère ici !
L’enquête sur la mort de Victor sert de fil conducteur pour révéler les hypocrisies locales, les violences sourdes (notamment des abus sexuels) et les non-dits des familles de notables. Et à travers ses personnages féminins, Marie-Haude Mériguet traite de la difficulté d’être une femme indépendante dans une société rurale fermée, juste avant les bouleversements de mai 1968.
Si le récit est ancré dans les années 1960, on se dit que cela pourrait bien être encore le cas aujourd’hui, en Bretagne ou ailleurs, dans un hameau perdu comme dans une grande ville. Qu’est-ce qui motive à parler, à se taire, à accueillir ou à rejeter ? L’autrice nous propose une réflexion sur la rumeur et sur la parole salvatrice quand elle se libère.
Je vous recommande cette lecture.
Sandrine Damie
La Fille des embruns
De Marie-Haude Mériguet (j’adore sa façon de se présenter !)
Éditions Charleston
19,99 euros ; e-book : 12,99 euros



