« Ma mère plante une forêt » de Florence Mottot et Diane Morel rend hommage au Mouvement de la ceinture verte au Kenya qui a permis de reboiser une partie des terres.
Que raconte l’album « Ma mère plante une forêt » ?
4e de couverture :
« Un jour, la mère de Wanjirũ rentre chez elle tout excitée : à l’épicerie, elle a entendu parler du projet de Wangari Maathai. Maintenant, elle aussi veut réunir les femmes de son village pour qu’ensemble elles plantent des arbres ! Elle aussi veut redonner sa place à la forêt, et gagner un peu d’argent pour l’avenir des enfants. Bientôt, Wanjirũ se met à rêver d’un uniforme tout neuf pour aller à l’école, peut-être même de faire des études…Alors planter une forêt, c’est vraiment possible ?« .
Mon avis sur ce plaidoyer écologique et féministe au Kenya
En 1980, dans un village du Kenya, la jeune Wanjirũ voit sa mère revenir transformée par une annonce révolutionnaire : Wangari Maathai, biologiste kenyane, appelle les femmes à rejoindre le « Mouvement de la ceinture verte ». L’objectif est ambitieux et si simple à la fois : reboiser leur terre pour combattre l’érosion et la pauvreté. Il « suffit » d’unir ses forces pour créer des pépinières et ainsi combattre la déforestation.


À travers le regard fasciné de la fillette, nous suivons cet apprentissage collectif de la terre, où chaque graine plantée et chaque arbre survivant offrent une rémunération symbolique et surtout l’espoir d’un avenir meilleur.



Ce récit retrace avec enthousiasme un combat historique mené par les femmes au Kenya pour reverdir les paysages, déboisés du temps de la colonisation par les Anglais pour planter théiers et caféiers (qui appauvrissent les sols).
Côté illustrations, les planches aux couleurs vives donnent vie à des scènes du quotidien avec des personnages qui respirent de plus en plus la joie, à mesure que le projet de pépinière prend vie. Elles représentent bien l’élan vital et d’espoir de l’album.
À la fin de l’album, les pages documentaires sont passionnantes et résument la philosophie et les actions concrètes menées sous l’impulsion de cette femme visionnaire à qui l’album rend hommage.

Seul bémol : si ce combat est pacifique, le Gouvernement ne voyait pas d’un bon œil ces initiatives et Wangari Maathai a eu fort à faire pour que le mouvement prenne racine et perdure. Cela n’est pas mis en lumière dans l’album.
Elle a été harcelée et emprisonnée à plusieurs reprises. Il faudra des années de lutte et la chute de la dictature pour qu’elle soit reconnue à sa juste valeur. Elle devient ministre de l’environnement en 2002 et reçoit le Prix Nobel de la paix en 2004.
Je suis touchée par cette lecture. À notre tour d’agir !
Sandrine Damie
Ma mère plante une forêt
De Florence Mottot et Diane Morel
Éditions Kilowatt
15,80 €
À partir de 7 ans




